Paroisse catholique d'Eringeti-Kasana

« Des bâtiments jadis incendiés par les rebelles Adf au centre d’ERINGETI sont de nouveau en cours de reconstruction. D’autres sont déjà revêtues des nouvelles robes et la vie reprend timidement à ERINGETI. Toutefois, la population vit encore la peur au vendre craignant une éventuelle incursion ADF. »

Des habitants ayant fuis cette agglomération retourne progressivement dans leurs maisons abandonnées. Maman Monica soutient qu’elle vivait très mal dans son lieu de refuge et ses enfants tombaient souvent malades. Voilà pourquoi elle a décidé de retourner à ERINGETI et ré-ouvrir sa porte de commerce. Elle n’est pas seule ici au centre d’ERINGETI. D’autres portes de commerce s’ouvrent progressivement de nouveau dans ce coin du territoire de Beni. Il en est de même pour l’hôpital d’ERINGETI qui reçoit déjà quelques malades ambulatoires. Une source médicale témoigne que les malades refusent d’être hospitalisés par crainte d’une éventuelle incursion Adf. Même à la paroisse catholique de Kasana, certaines messes ont été suspendues pour des raisons sécuritaires. C’est par chance que nos prêtres tiennent deux messes chaque dimanche témoigne un fervent fidèle catholique. Même la mosquée tout comme les églises protestantes et adventistes s’ouvrent progressivement.

La crainte des habitants

Malgré ce décor, chacun reste très vigilant. N’importe tout peut changer et nous irons de nouveau en brousse témoigne madame Monica. Ceux qui n’avaient pas fuis ont été horriblement tués par notre ennemi. Prudence oblige à la moindre rumeur ! Selon elle, même plusieurs biens de commerce ont été incendiés par l’Adf à Eringeti et personne ne peut s’hasarder. Même les autres biens qu’on essaie de sauver lors de notre fuite se détruisent dans nos cachettes. Nous avons largement perdu et nos proches et nos capitaux par ces tueries poursuit-elle. A la même source d’ajouter que l’ennemi n’est pas loin et ils nous écoutent. Il suffit de dire que ça va ici pour qu’ils reviennent détruire encore notre vie conclut-elle !

Antoine Bienvenu, de retour d’Eringeti

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