« Hébergés à l’EP MASOSI en cité d’OICHA, ces déplacés pygmées venus des fins fonds BYENA, ABYALOSE, MAMOYA, etc en territoire d’IRUMU en majorité vivent misérablement. Sans assistance régulière et dépourvus mêmes des latrines et autres besoins vitaux nécessaires, cette communauté autochtone traverse une vie pénible et semble être sacrifié à son triste sort. Révélation faite en marge de la journée internationale des peuples autochtones célébrée le 09 Aout de chaque année. »

C’est depuis quelques mois que ce peuple autochtone, craignant les attaques ADF, a trouvé refuge dans une école de la cité d’OICHA. Ici, plusieurs déplacés se partagent les salles de classe avec les écoliers au petit matin. Pendant les cours, les déplacés abandonnent les salles aux écoliers et restent ainsi exposés sous un soleil ardent et autres intempéries en attendant que les apprenants libèrent de nouveau les salles de classe. Paradoxe ! Plusieurs communautés vivent ensemble dans ce site d’accueil dont la communauté pygmée. Sans assistance régulière, ces déplacés vivent de la charité ainsi que de la bonne foi de certains habitants d’OICHA. La communauté pygmée semble être la plus misérable dans ce site apprend-t-on de l’une de leurs femmes leaders. Nos enfants sont exposés à toutes sortes des maladies avec cette précarité de la vie poursuit-elle et nous sommes incapables d’accéder aux ingrédients de notre médecine naturelle en brousses à la suite de la recrudescence de l’insécurité dans la région.

Et Covid19 menace les pygmées

Très conscient de la pandémie mondiale, les pygmées ne savent plus comment se protéger à la suite de la précarité de la vie menée au site de l’EP MASOSI. Sans lave-main et autres dispositifs de luttes contre la propagation de COVID19, ce peuple autochtone est également incapable de respecter les distances physiques. Trois à quatre ménages vivent dans une salle de classe aussi exiguë contre toute mesure barrière dénonce maman TELESI, femme leader pygmée. Même les latrines posent problèmes poursuit-elle. De fois, le chef d’établissement ou écoliers ferment leurs latrines après cours et chaque déplacé se débrouille pour ce soulager. Une véritable crise sanitaire pourrait ainsi surgir d’un temps à un autre dans ce site dit-elle, larmes aux yeux. Triste ! Des enfants et des femmes, sans pour autant parlé des hommes, traversent des véritables moments forts inoubliables de leurs vies respectives.

Et leur traditionnelle forêt menacée

Plus loin dans leur milieu d’origine, c’est leur forêt qui est largement menacée de tout bord. D’un côté, des exploitants en tirent des planches avec la complicité du ministère de l’environnement sans aucun plan de reboisement. Difficile ou mieux, plus question de retrouver les ingrédients de notre vielle médecine naturelle dans les prochains jours avec cette exploitation irrationnelle des forêts congolaises regrette ce peuple autochtone. Au même moment, l’ennemi a assiégé ces mêmes forêts pour en faire une zone de combat avec toutes les conséquences possibles. Tout est désormais brulé à la bombe ou autres armes de guerre et c’est l’avenir du peuple autochtone qui brule en conséquence. Difficile déjà d’apprendre la tradition à nos générations futures dans ce contexte conclut notre source.

Gédéon MUHIWA, depuis BENI

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