« L’histoire reste têtue ! Onze mois seulement après l’instauration d’un régime spécial au Nord Kivu et en Ituri, deux frères parlementaires, élus de Butembo produisirent un rapport sous ce titre à la une. Lors de la présentation de ce rapport à l’assemblée nationale, il y a bientôt six mois, l’Hon Tembos YOTAMA craignait que l’ancien triangle de la mort devienne vers carrée de la mort avec ce fameux régime spécial. Voici l’intégralité de son discours. »

Six mois seulement après la publication de notre précèdent rapport sur les massacres de Beni et Irumu, il s’est avéré que les tueries n’ont pas cessées dans cette région et de surcroit, la région du crime s’est élargie vers le territoire voisin de MAMBASA sous une fréquence très élevées. Les citoyens périssent chaque jour qui passe et leurs identités ne cessent de nous parvenir. Parfois, ceux qui nous ont échappés dans le premier rapport, arrivent également par centaine. Voilà pourquoi, il a été impérieux pour nous d’actualiser notre précèdent rapport mais peu avant sa sortie officielle, voici un extrait consacré à l’état de siège et ses paradoxes au Nord-Kivu et en Ituri, ce régime militaire spécial instauré il y a environ une année dans la région pour combattre l’ennemi qui tue les paisibles citoyens.

En effet, après une étude comparative de la situation sécuritaire dans cette région 11 mois avant l’état de siège et 11 mois pendant l’état de siège, il a été constaté que pour la première période de juin 2020 en avril 2021, plus de 3098 personnes ont été massacrées durant 829 attaques dans 352 entités  contre 4516 personnes durant 998 attaques dans plus de 460 entités pendant l’état de siège. S’agissant des engins et maisons, nous avons par ailleurs constaté que pour la première période environs 44 engins et plus de 369 maisons ont été incendiés contre 222 engins et plus de 549 maisons pendant l’état de siège.

Le graphique consacré à l’évolution des effectifs des massacres pendant les 11 premiers mois de l’état de siège laisse voir une évolution négative durant ce régime exceptionnel à travers sa courbe de tendance comparativement aux 11 mois avant l’état de siège, comme pour dire que les effectifs de victimes des tueries tout comme les nombres des villages attaqués, maisons  incendiés ou pillés à l’EST du pays pendant les 11 mois de l’état de siège sont de loin supérieurs aux effectifs de la période avant l’instauration de ce régime spécial.

Une moyenne mensuelle de 281,6 ou mieux 282 victimes exécutées chaque mois avant l’état de siège est passée à 410,54 ou tout simplement 411 victimes, soit une croissance de  45,7% des victimes tuées 222 engins roulants ont été incendiés contre 44 engins  soit une augmentation de 404,5% des véhicules incendiés pendant les 11 mois de l’état de siège. Il en est de même pour des maisons incendiées dont 549  contre 369 maisons réduites en cendre 11 mois avant l’état de siège soit une augmentation de 180 maisons incendiées, ou tout simplement 48,78% de croissance des maisons incendiées pendant les 11 mois de l’état de siège.

Au regard de nos investigations, il ressort que pendant les 11 mois de l’état de siège, le nombre total d’attaques a été de 998 contre 829 avant l’état de siège, soit une augmentions de 169  en terme absolu correspondant à une augmentation de 20,38%. 460 agglomérations dans la région de Beni au Nord Kivu, et en Ituri voisin précisément  en territoires de Mambasa et d’Irumu ont été affectées par ces crimes odieux contre 350 seulement avant l’état de siège soit une croissance de 45,77%.

Plusieurs raisons ont, en effet, concourus à l’absence des résultats satisfaisants de ce régime militaire instauré à l’Est de la RDC au nom d’un état de siège entre autre :

  • Un déficit de planification rationnelle
  • Une superposition de commandements sur terrain
  • L’absence de renseignements exacts sur l’ennemi
  • La place marginale du programme de désarmement
  • L’insuffisance des moyens alloués aux opérations
  • L’insuffisance d’effectifs militaires
  • La crise de confiance entre population et militaire sur terrain
  • L’absence de la MONUSCO sur le champ opérationnel
  • Négligence des évaluations mis parcours

Voilà pourquoi, Mr le président et chers collègues, je sollicite la levée de ce régime spécial incapable d’imposer la paix dans cette région comme prévoit l’ordonnance du chef de l’Etat instaurant l’état de siège sur une partie du pays.

Hon Tembos KATEMBO YOTAMA

Député National

Spread the love