Difficile de répondre au premier coup d’œil à cette question lorsqu’on observe minutieusement ce qui se passa à BENI et dans une partie de l’ITURI. En effet, c’est depuis 2009 que des citoyens sont horriblement tués dans cette région. Plusieurs thèses ont été développées sur la nature même du conflit ainsi que l’identité de l’ennemie mais aucune d’entre elle ne convainc l’opinion locale. Il y a peu, les USA ont confirmés la thèse toujours avancées par le gouvernement congolais depuis longtemps, celle du terrorisme islamique. L’on comprend aisément la volonté des USA qui combattent ce califat en orient depuis des décennies, une guerre sans issue et qui a coutée énormément des moyens humains, matériels et financiers au pays de l’oncle SAM. Certes que le mode opératoire ainsi que ses revendications sur les réseaux sociaux, certains témoignages d’ex otages illustrent aisément cette thèse d’une guerre de religion dans cette région.

« Ceux qui tuent à BENI ne sont pas diffèrent de ceux qui tuent en Afghanistan. »

Ils portent les soutanes et autres habits musulmans témoignent certains anciens otages des rebelles ADF. Ils respectent même les prières et autres piliers de l’Islam et disent mener les jihad pour imposer le califat dans la région en éliminant tous les traitres renseignent les mêmes sources. Au même moment, nos djihadistes pillent aussi des ports et des boissons fortement alcoolisées. Ridicules ! Parfois même dans leurs propres images des propagandes dans les réseaux sociaux, nos islamistes prient avec des bottes. Quel scandale ! Cependant sur Wikipédia, la RDC figure sur la liste des pays qui font face au terrorisme, 32è pays, mais l’ADF ne fait pas parti des groupes reliés à l’Etat islamique. Stupide ! Comme pour dire qu’il y a d’autres terroristes du genre Boko-Haram, Wilayat Sinaï, Jund al-Khilafah, Maute, Kalhid Ibn Al Walid, etc qui opèrent en RDC comme en Afghanistan, Irak, Lybie, Egypte, Turquie, etc. Au même moment, d’autres terroristes survivent de la contrebande du pétrole et du gaz naturel, la production de phosphate et ciment, pillage des sites archéologiques, trafic d’êtres humains, jacquet et donation privée. Ainsi donc, on peut se permettre de croire que nos minerais et autres matières premières se font exploités par nos djihadistes qui nous tuent pendant qu’ils revendiquent rarement de rançon pour libérer leurs otages ? Certes qu’il a été prouvé que l’ADF reçoit des financements de l’étranger mais s’agit-il des dons ou payement d’une quelconque vente du pétrole ou ciment par exemple ? Et lorsqu’on observe la liste nominative des victimes des massacres dans la région de BENI et ITURI, certaines affirmations sautent clairement même aux yeux d’un enfant de l’école primaire.

« C’est le Munande qui est visé. »

Les statistiques des victimes de ces tueries renseignent que le Munande a été massacré à 92 % aux côtés de ses frères porches LESE, MBUBA, PYGME, NYANGA etc. Aussi ce sont les plus vieux âgés entre 45 et 70 ans qui subissent surtout ces atrocités. Curieux ! Des jeunes s’échappent-ils toujours comme ils sont encore vigoureux ? Toutefois, il a été prouvé qu’un vieux qui meurt équivaut à toute une bibliothèque qui s’écroule. Et alors combien des bibliothèques restent-ils encore dans notre région ? Pourtant seuls ces vieux maitrisent mieux l’histoire de notre peuple, les limites foncières de notre territoire, etc qu’ils transmettent progressivement aux générations futures. Certaines langues pensent que le Munande s’est malheureusement retrouvé au mauvais endroit et au mauvais moment pour subir la série de ces atrocités mais voilà lorsqu’il voulait aller investir en IRUMU et MAMBASA en province voisine de l’ITURI chez ses frères, son malheur ne s’est pas arrêté et s’est élargie plutôt. Comme qui dirait que le Munande a apporté son malheur à son frère voisin. Triste !

« Enfin, nos champs abandonnés se font occupés. »

Certaines zones sont devenues inaccessibles depuis l’avènement des tueries dans cette région. Des rebelles circulent paisiblement dans ces zones et il suffit d’y accéder pour y laisser sa peau. Plusieurs agriculteurs qui s’y sont rendus ne sont plus revenus. Toutefois, les forces armées ne cessent de récupérées ces zones pour en assumer le contrôle. Un exploit aussi salué par tous les citoyens déplacés qui rêvent un jour retourné dans leurs milieux d’origine. De l’autre côté, les autochtones ont résisté davantage. En dépit des multiples tueries dans leurs coins, personne n’a abandonné sa terre. On peut fuir le soir pour revenir encore au petit matin avant que l’ennemi ne s’installe. Voilà pourquoi même plusieurs jeunes se sont regroupés en autodéfense de leur terre. Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, de son côté a aussi salué la résistance d’un peuple qui n’a pas abandonné ses terres. Que dire alors ! Sommes-nous dans une guerre de conquête de terre ? Mais qui veut conquérir la terre du Munande et pourquoi ? L’avenir nous dira plus. Comme dans le film Faucon Noir, seuls les morts comprennent mieux cette guerre !

Ivan Eliel, depuis BENI

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